Vidéo: Intervention de Didace Pembe au perchoir pour dénoncer l’augmentation substantielle du train de vie des institutions dans le projet de loi des finances exercice 2022.

 
Honorable Président ;
Honorables membres du bureau ;
Honorables députés,
respectueux collègues.

C’est avec un sentiment mitigé que je prends la parole ce jour aux fins de donner mes avis sur le projet de loi des finances pour l’exercice 2022.

En effet, bien des réformes tendant à améliorer le social des congolais ont été prises en intégrant, notamment, la réduction de la TVA sur les denrées de première nécessité, il n’en demeure pas moins vrai que ce projet de loi des finances soit, à mes yeux, loin d’avoir un caractère social à bien d’égards.

J’en veux pour preuve, l’augmentation substantielle du train de vie des institutions au moment où les congolais réclament à cor et à cris la réduction de celui-ci.

Tenez, les allocations budgétaires de la Présidence de République connaissent un accroissement de 37,2% en 2022 par rapport au budget 2021. Elles passent à l’équivalent en dollars, de 159.800.000$ à 254.700.000$, soit un accroissement de 94.900.000$ !!! J’aimerais savoir pour quels objectifs?

En parcourant les différentes lignes de crédit, j’ai noté l’existence de plusieurs Agences et services dont l’utilité sur terrain me laisse perplexe.

En effet, au niveau de la Présidence (toujours), il existe environ 4 bureaux qui s’occupent du secteur de l’environnement, les voici :

  1. Le bureau du Directeur de Cabinet adjoint en charge de l’Environnement ;
  2. Le bureau du Conseiller Spécial en charge de l’Environnement ;
  3. Le bureau du Collège des Conseillers en charge de l’Environnement ;
  4. Le bureau de l’Agence Congolaise en charge de la Transition Ecologique.

Je suis peiné et c’est inadmissible d’autant plus que sur le terrain, l’impact de leur travail est non seulement invisible mais aussi, il ne se fait nullement sentir.

En outre, la rubrique «rémunération» est passée de 87.400.000$ à 108.600.000$, soit un accroissement de 21.200.000$. Quel gâchis, Honorable Président !

Ce n’est pas fini ! Les interventions économiques passent de 158.500$ à 1.500.000$ ! Allons-y comprendre !

Honorable Président,

Au vu de ce constat, je peux affirmer haut et fort que le Gouvernement n’a aucun sens des priorités et j’ose espérer que dans les travaux en Commission, cette injustice sera réparée.

Par ailleurs, je voudrais savoir pourquoi, sur les recettes fiscales, les impôts sur les rémunérations sont faiblement mobilisés, soient 27,9%. Où en est-on avec la perception de l’IPR des engagés locaux auprès des Ambassades et Organisations Internationales

Sur les recettes non fiscales, pourquoi les recettes de participation ne représentent que 1,9% des recettes alors que le pays dispose de beaucoup de parts, particulièrement, dans les entreprises minières ? Où partent ces fonds ?

Pour finir, je voudrais faire état de ma déception, concernant les fonds alloués à la province de Maï-Ndombe dont je suis issu. En effet, depuis déjà trois législatures je ne cesse de plaider sans succès pour l’électrification de la Cité de Mushie dans le Territoire de Mushie. Cette ligne de crédit, bien que modique, était comprise dans les lois des finances de 2019, 2020 et 2021 et n’a jamais été exécutée.

Pire, dans l’actuel projet de loi des finances, cette ligne de crédit a carrément été élaguée. Quelle tristesse, Honorable Président !

Et les seules lignes retenues concernent le secteur de la Santé ; pourtant, ces centres de santé que le gouvernement projette construire auront besoin d’électricité pour fonctionner.

Je demande donc que, pour une fois, cette doléance soit prise en compte et que l’injustice dans la répartition des fonds au niveau des Provinces cesse.

Je vous remercie.


Didace Pembe Bokiaga
Député national de Mushie (Maï-Ndombe)
Président du parti écologiste AECO-Les verts
Président de la FEVAC (Fédération des Verts d’Afrique Centrale)

15/11/2021, Kinshasa, Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation par le Premier Ministre Sama Lukonde du projet de loi des finances exercice 2022.